BREAK DANS LE BIG BANG

na7

Bonjour,

Aujourd’hui, j’aurais dû publier le chapitre V de Petites Révolutions. Ce ne sera pas possible.

Parvenue à un moment crucial de l’intrigue, l’entrée en scène de l’enquêteur, je dois encore éclaircir un tas de questions avant de continuer.

Je me rends compte que c’est vraiment monter au casse-pipe que vouloir publier un premier jet. Tellement de choses ont changé au cours de l’écriture des quatre premiers chapitres, que j’en ai le tournis. Et ce n’est pas fini !

Ce personnage d’enquêteur n’a pas toujours fait partie du projet. D’ailleurs, rien de ce qui existe maintenant n’était là, au départ. Petites Révolutions, c’est mon big-bang à moi. Avant, rien. Après, tout, qui s’expanse à l’infini. Et c’est moi qui dois maîtriser cette expansion, la canaliser vers une forme cohérente ! Quand je vous disais qu’écrire de la fiction, c’est jouer à Dieu ! On y revient.

Au départ, l’intrigue se nouait autour d’une vieille et de son chauffeur de fortune, se rendant, dans un corbillard, au mariage de Marcella, la fille de la vieille en question. Marcella ne connaît pas sa vraie mère et celle-ci débarque comme un chien dans un jeu de quilles. Quiproquo, manipulations, aveux…

A force de jeter ma ligne, j’ai sorti du grand nulle part quelques personnages, pour alimenter la résolution d’une énigme que je pensais bien tortillée. J’approfondis un peu mes personnages, comme tu as pu le lire ici (Mia), ici (Benny), ici (Angie), et ici (Judith), et le tour est joué, je peux les envoyer en villégiature, les lancer sur les routes, les balancer au bouillon ! Et vas-y que je m’y jette, que je me mets au défi, que je te prends à témouine!

Quelle suffisance!

Si c’était si facile, ça se saurait, depuis le temps. T’es-tu déjà abîmée dans ce genre de projet ? As-tu tenté de fixer, sous quelque forme que ce soit, les messages envoyés par ton inconscient fertile ? Décousu, n’est-ce pas ? Ça tape, là-dedans, ça bastonne sec. Ça fourmille, ça patine, ça caracole, ça remue, ça remugle, même.

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La seule constante sur laquelle tu peux compter, c’est le mouvement perpétuel. Une fois activé, il ne reste plus que l’observation du grand serpent cosmique, que dis-je, de l’hydre de ton imagination, dans l’espoir que ça se fatigue tout seul et que la lumière soit, un jour, enfin.

Bon. Je m’en doutais. C’est aussi pour ça que j’ai choisi de publier en feuilleton, d’écrire à la petite semaine, de ne pas tergiverser. Pour arrêter la monstrueuse sinusoïde un instant, passer à la suite en toute quiétude. Mon oeil !

Oui, je passe à la suite. Chaque semaine, j’écris mon lot, je rends mon tribut de mots au clavier, et je fais comme si j’étais lue pour bien entériner que ça y est, ça ne m’appartient plus. Mais la suite, la terrible suite, ne cesse de s’agiter dans mes méninges, jour et nuit ! J’ai l’impression d’avoir bouffé un lézard dont la queue coupée se tortille dans un coin pendant que le corps agile s’est figé dans l’attente d’un insecte myope.

Et donc, je reviens, encore et encore, sur la construction du roman, que je veux parfaite, maîtrisée, aboutie, inattaquable. Je découvre des passages secrets, des chambres dérobées, des tiroirs à double fond, des issues insoupçonnées… Je biche ! Je jubile ! Je fatigue !

Une chose est sûre, il y a, dans cette histoire, deux enquêtes parallèles. Celle de Mia, actuelle, légitime, l’enquête au sujet de son père, et l’autre, l’enquête officielle, plus ancienne, sur les évènements qui se sont déroulés il y a 12 ans. Cette seconde enquête me fait de grands signes derrière la vitre. Elle s’agite, fait des bonds, m’appelle, tape au carreau ! Bien sûr que je vais m’occuper de toi, ma belle !

nestor burma

Pour cela, j’ai besoin d’un limier. Un flic ? Un enquêteur d’assurance ? Nestor Burma ? Quel qu’il soit, je kiffe de plaisir anticipé ! Moi qui suis, depuis toujours, une lectrice invétérée de polar, une admiratrice de Chester Himes et Dashiel Hammett, une aficionada de Manuel Vasquez Montalban, moi qui ai découvert le monde de la flicaille française avec les aventures rocambolesques et truculentes du commissaire San-Antonio aux alentours de mes dix ans, me voilà en train de créer un personnage qui doit trouver sa place dans la longue lignée, entre chapeau mou et bigoudis, entre Bogart et Angela Lansbury !

sa antonio

Or donc, chère lectrice, je stoppe le mouvement cette semaine au moins, afin de me consacrer pleinement à cette tâche.

Tant que j’y suis, je vais prendre le temps de redéfinir proprement où je vais vraiment, afin de savoir où j’en suis et l’ampleur de la tâche à accomplir. Je te tiens au courant.

Je suis de retour bientôt. D’ici là, je publierai un texte inédit dans le courant de la semaine. Reste dans le coin.

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