🎧📖[Podcast] Histoires vraies #8

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Bonjour,

Citer et rendre hommage

Dans le chapitre 8 des Histoires vraies, nos deux jeunes gens vont faire la rencontre d’un personnage haut en couleurs : Le Bougreloche, qui donne son titre à ce conte.

Je me suis amusée à citer (en plus de la Chenille, hein !) deux auteurs que j’aime tout particulièrement. Deux auteurs on ne peut plus classiques. C’est un hommage bien modeste que je leur rend.

Saurez-vous les trouver ?

*

La Rencontre

Une surprise de taille attend nos deux amis lorsqu’ils se glissent hors de leur abri.

Après s’être étirés avec force mmmrrrrrrrr et aaaaaoooooo, ils émergent au départ d’un sentier sinuant entre des troncs.

J’ai la berlue ? Demande Eglandune.

Dans ce cas, j’ai la berlue aussi. Répond Tortillon.

Ce sentier n’était pas là, n’est-ce pas ?

Nan. On l’aurait vu. Il n’y avait que des hortensias. Partout. Là, et là, et ici aussi. Des hortensias.

-Hum. Mais c’est impossible.

-Ben, c’est là, pourtant.

-Et Oui ! C’est là.

Eglandune et Tortillon se regardent longuement, sans rien dire. Tortillon rompt enfin le silence.

-Qu’est-ce qu’on fait ?

-Voyons où ça mène. Dit Eglandune.

-T’es sûre ? Et si c’était un piège ?

-Un piège ! Qui voudrait nous tendre un piège ?

-Je n’en sais rien, mais c’est trop bizarre.

-Il n’a pas l’air bien méchant, ce sentier.

-Ça, c’est vrai. Plutôt joli, même.

-Allons-y ! On verra bien.

-Oh ! Oh ! Oh ! Doucement !

-Mais non ! Pourquoi, doucement ? On a quitté Salazar pour vivre une aventure, oui ou non ? Allez, viens, Poule Mouillée !

Eglandune s’engage résolument sur le sentier, Tortillon sur les talons.

-Non mais dis donc ! Est-ce que je t’appelle Tête de Linotte, moi ? Tortillon proteste pour la forme.

Quelques centaines de pas plus loin, le chemin devient plus accidenté.

Ils continuent néanmoins, poussés aussi bien par la curiosité que par la nécessité.

Très vite, ils doivent marcher l’un derrière l’autre. Le sentier s’enfonce entre deux parois rocheuses.

Soudain, ils s’arrêtent. Le défilé est obstrué par un gros buisson.

-Flûte ! Dit Tortillon. On va devoir faire demi tour.

Le buisson ouvre les yeux.

Nos deux amis poussent un grand cri et font un bond en arrière, Eglandune se retrouvant assise entre les genoux de Tortillon, qui lui-même a trébuché et chu sur son derrière.

C’est la chenille qui redémarre. Dit le buisson, révélant une toute petite voix aiguë, pas du tout en accord avec sa corpulence.

Qu’est-ce que c’est ? Qui êtes-vous ? Demande Tortillon. Il se relève en se frottant le derrière. Eglandune est déjà debout.

-Moi ? Je suis Le Bougreloche, voyons ! Répond le buisson en ouvrant quantité d’autres yeux.

Deux, quatre, huit, quinze…

La surprise, de nouveau, jette nos deux amis à terre dans un mouvement de recul.

Place tes deux pieds en canard. Reprend Le Bougreloche, qui décidément n’a pas sa langue dans sa poche.

-Qui êtes-vous ? Ou plutôt, qu’êtes-vous ? Demande Eglandune, qui n’a rien dit jusque là si ce n’est «aïe » et « ouille ».

-Ne soyez pas désobligeante ! Mon aspect peut surprendre, j’en conviens. Cependant, je ne suis pas n’importe qui. Je suis Le Bougreloche ! Le Seul ! L’Unique Bougreloche !

Et devant leur incompréhension manifeste :

– Ah, les jeunes ! Je suis le Gardien du Sentier, voyons ! On m’appelle Le Bougreloche.  Ca y est, vous y êtes ?

-Euh… Oui ! Si vous voulez. Soit. Et bien euh.. bonjour, Lebougreloche.

-Bonjour ! A qui ai-je l’honneur ?

-Je m’appelle Eglandune et voici mon ami Tortillon.

-Enchanté ! Que faites-vous sur mon sentier ?

-Nous sommes partis hier de Salazar pour traverser le Désert des Thoruques avec notre armée.

-Salazar ? Désert des Thoruques ? VOTRE armée ? Qu’est-ce que c’est encore que ça ?

-Salazar. La Capitale. Le Désert des Thoruques. L’Armée du Vénéral Dourakuire. Ca y est, vous y êtes ? Dit Tortillon en singeant l’attitude du Bougreloche.

-Soit ! Bien dit ! Concède le Bougreloche. Et ensuite ?

-Nous avons perdu les autres.

Ricanements du Bougreloche.

-Oh, vous pouvez rire, c’est facile ! Nous les retrouverons ! Tortillon élève la voix.

-Mais certainement. Concède Le Bougreloche. Comment puis-je vous y aider ?

-Et bien, dans un premier temps, nous cherchons la sortie de ce canyon.

-La Sortie, c’est Moi ! Fait Le Bougreloche, comme s’il jouait un rôle au théâtre.

-Comment ça, c’est vous ? Demande Eglandune.

-Je répète, la Sortie, c’est Moi. La Sortie, vous la trouverez, si Je le veux bien.

Le bougre de buisson commence à leur taper sur le système avec sa façon de s’exprimer autrement que tout le monde. Pour qui se prend-il, celui-là ? Lebougreloche ! Tu parles d’un nom ridicule !

-Et pourquoi pas ? S’étonne Eglandune. Quelle raison auriez-vous de ne pas vouloir nous laisser passer ?

-Aucune, aucune, mes amis. Je souligne juste que c’est Moi qui décide, car Vous êtes Ici chez Moi.

-Ah ça alors ! Dit Tortillon. C’est trop fort ! Vous voudriez nous empêcher de passer ? La moutarde me monte au nez.

-Garde ton calme, Tortillon, dit Eglandune à voix basse.

Et s’adressant au Bougreloche :

-On n’a pas idée de dire des choses pareilles ! Le chemin est à tout le monde, que je sache !

-Holà ! Holà ! Ne montez pas sur vos grands chevaux. Je n’ai rien contre vous. Je fais seulement mon job.

-Quel job idiot ! A quoi sert-il ?

-Je vous en prie, gardez votre calme. C’est un boulot très utile. Je ferme le raidillon et je m’assure que celui qui veut passer à quelque chose d’intéressant à raconter.

-Ben voyons ! Utile, pour qui ? Tortillon s’énerve de plus en plus. Son visage est tout rouge, sa mâchoire contractée, ses yeux lancent des flammes.

-Comment ça, quelque chose à raconter ? Demande Eglandune, en se plaçant devant son ami.

Tortillon agite les bras en tous sens et secoue la tête.

-Utile pour tout le monde, mais je n’ai pas le droit d’en dire plus, mes agneaux.Dit Le Bougreloche sur un ton d’apaisement. Que vous vouliez ou non, vous n’avez pas le choix, vous devez passer par moi. Je Suis la Seule Voie de Sortie. Votre Issue de Secours, en quelque Sorte.

-Ah c’est comme ça ! Qu’à cela ne tienne ! On va bien voir ! S’écrie Tortillon de plus en plus en colère. Et il fait demi-tour et d’un seul mouvement… Ouche !

Il a heurté de plein fouet la paroi rocheuse. Son nez pisse le sang.

Ça va ? Tu n’y es pas allée de main morte ! Demande Eglandune. Calme-toi, respire ! Non, pas en arrière. Penche la tête en avant pour arrête le saignement.

-MON PIF ! MERDRE ! MERDRE! MERDRE ! Rugit Tortillon.

Il est tout près de la figure de son amie, beaucoup trop près. Elle se sent comme s’il allait la bouffer toute crue.

Prise de court, elle lui colle une claque.

Oui Oui.

Elle te lui allonge une grande mandale de cow-boy, droite et fière sur ses hanches, pour le faire tenir tranquille.

Puis elle lui souffle violemment dans les bronches, pour faire bonne mesure.

-CA SUFFIT MAINTENANT ! Tiens-toi tranquille ! Regarde où ça te mène, la colère !

Le Bougreloche émet des ricanements étouffés qui semblent étrangement émaner de son corps difforme et végétal.

-La demoiselle a raison. La colère ne résout jamais rien et puis c’est fatigant, ça fait du bruit, que de problèmes ! Tranquillisez-vous ! Je comprend votre surprise. Et d’ailleurs je ne vous demande rien d’insurmontable, en général, les gens réussissent très bien cette épreuve.

-Bon ! De quoi s’agit-il, exactement ? Qu’on en finisse !

Eglandune fait face au Bougreloche. Bien qu’elle prône le calme, il est évident qu’elle n’est pas de très bonne humeur non plus.

Tortillon, aussi prompt à se calmer qu’il l’a été à se mettre en boule, s’est assis et ne dit plus rien. Il se frotte la joue d’une main pendant qu’il place l’autre en conque pour récupérer le sang qui s’écoule de son nez.

-Et bien voilà toute l’affaire. Dit Le Bougreloche, un tantinet mielleux. Racontez-moi une histoire.

-Une histoire ?

-Oui, une histoire.

-C’est tout ? Demande Eglandune. Une histoire et vous nous laissez passer ?

-Oui, c’est tout. Voyez, ça ne vaut pas la peine de vous mettre en rogne.

-Soit ! J’en connais une bonne. Dit Eglandune. C’est l’histoire d’un roi navigateur qui part en voyage et de son épouse qui l’attend en tissant une tapisserie…

-Ah ! Je la connais. Une autre ! Pardonnez-moi j’ai omis un point de détail. Je n’accepte que les histoires entièrement nouvelles, que je n’ai jamais entendues de la bouche d’aucun voyageur.

-Et vous appelez ça un détail ? S’exclame Eglandune.

-Oh la la ! On va rester coincé ici ! Pleurniche Tortillon.

-Tais-toi, Tortillon ! Tu m’empêches de réfléchir. Je sais ! Celle du garçon qui s’est fabriqué des ailes en cire pour s’échapper…

-Pour sortir du labyrinthe, oui. Je la connais aussi. Dit le Bougreloche. Une autre. Les histoires de voyage ou d’évasion sont très courantes, vous savez. Ce sont les premières qui viennent à l’esprit des gens dans votre situation.

-Évidemment… J’aurais dû y penser ! Répond Eglandune. L’histoire d’une jeune fille malheureuse dans sa famille d’accueil, dont la marraine…

-Avec la citrouille. Connue ! Comme toutes les histoires mettant en scène de pures jeunes filles ou de vilaines mégères. Vraiment étonnant le nombre qu’il y en a, à croire que c’est la règle absolue. Pure ou mégère, sinon pas de salut pour les nénettes.

-Oh mais vous les connaissez toutes !

-J’en connais beaucoup, c’est vrai. Sûrement pas toutes, personne ne peut se targuer d’une connaissance universelle, vous savez. Même pas moi.

-Celle du sage qui médite sous un banian et…

-Je la connais aussi. Beaucoup de gens la connaissent. Peu la comprennent vraiment.

-Zut !

Tortillon a repris ses esprits. Il intervient.

-Peut-être une histoire vraie, alors ?

-Toutes les histoires sont vraies, mon cher ! Répond le Bougreloche.

-Ben voyons ! Dit Tortillon en haussant les épaules et en levant les yeux au ciel.

-Libre à toi de le croire ou non, mon ami. Personne n’est jamais obligé de croire quoique ce soit.

-Je ne suis pas votre ami.

-Allons bon. N’aimez-vous pas les histoires ? Demande le Bougreloche de sa toute petite voix, sans se départir de son calme. Tout le monde aime les histoires. Si vous aimez les histoires, vous êtes sûrement mon ami.

-Oh, arrêtez donc de vous chamailler, ça ne fait pas avancer le schmilblick !

-La Demoiselle a encore raison.

-Attendez, j’ai une idée ! S’écrie Eglandune. C’est l’histoire d’un prince qui ne peut pas mourir de la main d’un homme. La connaissez-vous ?

-Avec la forêt qui marche, n’est-ce pas ? Oui, je la connais. C’est une excellente histoire. Je l’aime beaucoup.

Alors, Tortillon s’écrie :

-J’ai ! J’ai ! J’ai trouvé ! C’est l’histoire de deux amis et d’une armée.

-Sauvage et Morissot ? Je connais, répond le Bougreloche. Deux idiots !

-Non, ce n’est pas celle-là. Deux amis qui partent en voyage à travers la forêt…

-…Et qui ont un petit chien répondant au nom d’Idéfix, n’est-ce-pas ?

-Pas du tout ! Rien à voir !

Tortillon tout excité se tourne vers Eglandune et, à voix basse :

-Cette fois-ci je crois qu’on le tient. Tu as compris ?

-Ben… Répond Eglandune. Tu penses à quoi ?

Tortillon se lève. Ils essuie ses mains sur son pantalon.

-Deux amis qui aiment la musique… Un guitariste et une chanteuse… Ça ne vous dit rien ?

-Ike et Tina Turner ? C’est bon, ça  ! Mais je ne savais pas…

-ENCORE TOUT FAUX ! Bon. Nous y sommes. Je la tiens, votre histoire. Installez-vous confortablement, je commence. Eglandune, tu prendras le crachoir tout à l’heure, car il y a beaucoup à dire.

Et le garçon commence à raconter.

A ce stade, Eglandune a compris.

Tortillon raconte la seule histoire qu’ils ne sont que deux à connaître : la leur.

Au bout d’un moment, quand il en arrive au bal annuel, il se tourne vers Eglandune :

-Veux-tu bien relever le conteur, s’il te plaît ? Cette partie de l’histoire te va comme un gant.

Eglandune se lève donc et entreprend de détailler les préparatifs de la fête, les décorations de salles et de tables, les tenues de soirées extravagantes et à usage unique des convives et la liste des plats, longue comme le bras, qu’elle écourte un peu car son estomac se met à gargouiller.

Elle dit tout ce qui lui passe par la tête, ce dont elle se souvient et ce qu’elle invente au fur et à mesure, ce qu’on lui a raconté et ce qui se présente à son esprit, jusqu’aux montagnes de couverts en plastoc qu’on enterre chaque année le lendemain de la fête, toujours un petit peu plus près du château, faute de place.

Lorsque son inspiration se tarit, elle évoque enfin l’arrivée de la gigogne et le sibyllin message.

Puis Tortillon reprend du service. Il narre par le menu l’agitation autour de la caserne, les musiciens qui répètent dans la cour, le Vénéral Dourakuire et son smoac.

A vrai dire, nos jeunes amis se sont pris au jeu.

Comme il est ludique de broder leur histoire !

Sans s’être consultés, ils prennent leur temps et beaucoup de plaisir à tisser une aventure en s’inspirant des faits réels revus et corrigés par leurs imaginations juvéniles.

Tant et si bien que la journée entière y passe.

Le Bougreloche a fermé les yeux depuis longtemps.

Tous ses yeux. Sauf deux.

Il écoute de toutes ses oreilles, qu’il a nombreuses aussi.

Pendant qu’Eglandune raconte de nouveau, Tortillon compte en douce les yeux fermés du Bougreloche. Douze… Quatorze…Seize… Flûte, j’ai perdu le fil.

Recompte. Vingt. Il y en a vingt.

Recompte encore, pour vérifier.

Dix-huit. Ah crotte de bique! J’en ai perdu deux.

Le Bougreloche fait semblant de somnoler. Mais il n’en perd pas une miette. Lorsque le récit les amène au buisson d’hortensias sous lequel ils ont passé la nuit précédente, puis dans le canyon, puis à la rencontre d’un gros buisson obstruant le passage, il ouvre un œil de plus.

-Ça par exemple ! Dit-il. Vous n’êtes quand même pas en train de me raconter notre rencontre ? Je la connais aussi, voyez-vous.

-Justement. Répond Tortillon. La suite, vous la connaissez. Et, avec une révérence : C’est ici que notre histoire se termine.

-Mais pas du tout, mais pas du tout ! Répond Le Bougreloche en ouvrant tout grand ses vingt mirettes. C’est impossible ! Une histoire sans fin, ça n’existe pas !

Pour la première fois, il montre des signes d’agitation. La situation lui échappe.

-Oh que si, ça existe ! Dit Eglandune. D’ailleurs, si vous voulez bien, toutes les histoires sont sans fin. C’est juste qu’il faut bien s’arrêter de raconter un jour ou l’autre. Le conteur se tait, soit, mais l’histoire, elle, continue. N’est-ce pas ?

-C’est bien la première fois qu’on me fait ce coup-là ! S’exclame Le Bougreloche.

-Et voilà ! C’est justement ce qui fait toute la valeur de notre histoire ! Répond Tortillon, enfonçant le clou.

-Je comprend votre raisonnement. Ce n’est pas très orthodoxe…

Le Bougreloche réfléchit à voix haute.

-Après tout, ce qu’on demande à un conteur, c’est aussi d’avoir de l’imagination. Ne bougez pas, je reviens.

COMMENT CA, je reviens ? S’écrie Eglandune.

Le Bougreloche est de nouveau comme absent, absolument immobile. Il a fermé les yeux, de nouveau. Tous. Un instant plus tard, il s’anime.

-Accepté ! Vous avez de la chance d’être jeunes ! Pas orthodoxe, mais accepté ! Ce n’est pas moi qui décide, remarquez. A titre personnel, j’aurais quand même aimé connaître la suite.

-Et bien nous aussi. Répond Tortillon, triomphant. On peut y aller ?

-Je n’ai qu’une parole. Euh… si vous repassez dans le coin, soyez assez aimables pour me raconter la fin, voulez-vous ?

A ces mots, Le Bougreloche s’ébroue dans un long bruissement foliaire, étire un bras par-ci, deux pieds par-là, ouvre toutes ses bouches pour bailler… et se désintègre sur place en dix petits lutins plein d’énergie, zébulons bondissant en tous sens sur les parois du canyon, qui prennent appui les uns sur les autres et jaillissent hors du défilé en rigolant comme des bossus, de toutes leurs petites voix aigrelettes.

-Merci encore. Dit le dernier d’entre eux avant de disparaître. Une assez bonne histoire vraiment. Continuez tout droit, vous trouverez la sortie.

Se ravisant, il revient sur ses pas et dit encore : Eh ! Si vous croisez Missalisse, passez-lui le bonjour.

-Qui ça ? Si on croise qui ?

-Missalisse, vous la croiserez sûrement !

-Mais qui êtes-vous donc ? Crie Eglandune.

-Nous sommes les Snarks, voyons. Et nous sommes aussi le Bougreloche. Bonne soirée !

Et il s’en va en sautillant. A la place qu’ils ont occupée quelques instants auparavant, des bouquets de feuilles et des lianes éparses jonchent le sol.

Pendant ce temps-là, Dourakuire, Morington et toute la petite troupe, sortent enfin de la forêt après deux longues journées d’une marche harassante et des heures d’âpres combats contre racines, ornières, lianes glutineuses, branches, branchettes et branchitouilles.

Ils s’extraient à grand peine de l’inextricable sous-bois en taillant leur chemin à grands coups de sabres et de haches.

Ils n’ont pas rencontré de fées, ni de créatures mystérieuses. Rien que des branches, des lianes et quelques fleurs. Presque, ils seraient déçus. Mais ils sont trop fatigués pour cela.

Ils s’apprêtent à se reposer une dernière fois à couvert avant d’attaquer la traversée du désert des Thoruques, que tous redoutent, non sans raison.

*

Pour lire ou écouter les précédents chapitres :

➡️ Préambule pour comprendre qui est la narratrice

➡️ Chapitre 1 : Le Petit Pays

➡️ Chapitre 2 : Le Messager

➡️ Chapitre 3 : Le Vénéral Dourakuire

➡️ Chapitre 4 : Eglandune et Tortillon

➡️ Chapitre 5 : La Forêt de Grocéliande

➡️ Chapitre 6 : Samuel Morington, SMOAC

➡️ Chapitre 7 : Perdus dans la forêt

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4 réponses à “🎧📖[Podcast] Histoires vraies #8”

  1. Je te l’ai déjà écrit mais j’adore ta façon de conter ces histoires !! Ta voix, ton intention, tout y est ! Merci 🙂

    1. Merci Nico. Petit à petit, je m’améliore.

  2. c est hyper confort d’écouter le podcast. Il manquerait plus que la clochette ou le souffle du vent pour nous dire de tourner la page. Un bon moment de partage.

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