LA CARTE MENTALE ET LE TERRITOIRE

Chaque jour apporte son lot

Une fois le bouton “start” poussé, le processus de création est enclenché, qui apporte chaque jour son lot d’idées nouvelles.

Sur le moment, toutes ces idées paraissent être les bonnes pour faire avancer le schmilblick de l’écrivain en herbe, c’est-à-dire mettre en place une structure du roman en béton armé. On se félicite, on se frotte les mains… on rince sa brosse à dents.

Car elles n’apparaissent pas quand on s’assoit pour écrire, non, ni même si on décide tout simplement de se mettre à y réfléchir sérieusement. Ce serait trop simple. Le cerveau fait ses connections comme il l’entend, quand ça l’arrange, quand il y trouve un intérêt… qui d’apparence n’est pas toujours le même que le vôtre.

Les idées, territoire de l’écrivain

Elles viennent, ces idées, quand on se brosse les dents avant de quitter le nid le matin et qu’on est déjà en retard, quand on boit un pot avec des potes -oui les potes sont les gens avec qui on boit des pots, vous ne saviez pas ?- quand on conduit, quand on marche… Elles viennent, les idées, elles s’imposent à vous dans les moments les plus inattendus, et on prend des notes mentales pour ne pas oublier de les mettre en œuvre à la prochaine séance d’écriture.

Pensez à tous ces marcheurs en goguettes, ces randonneurs de la première heure, qui arpentaient chaque jour leur pâté de campagne -ben quoi on dit bien un pâté de maisons- avant de tailler leur crayon ou de tremper leur plume dans l’encrier. Croyez-vous que ce fut un hasard ? La désuète habitude d’une époque révolue? Que nenni, mes bons amis.

Les déplacements physiques sont extrêmement profitables à la créativité de l’écrivain. De Jean-Jacques Rousseau à Sylvain Tesson, en passant par Jim Harrisson et tant d’autres !

Comme eux -excusez du peu mais je ne vais quand même pas rater l’occasion de me relier à ces illustres auteurs-, quand je marche, je respire différemment.

Le mouvement physique et en particulier la marche, met en branle tous mes neurones et les synapses qui vont avec.

L’imagination au pouvoir

Si on écrit tous les jours, il faut, sous peine de se perdre dans le labyrinthe de la dramaturgie, brimer sévèrement l’imaginaire pour ne pas se laisser emporter dans une autre direction que celle qu’on a choisi de creuser.

Mais si on écrit une ou deux fois par semaine, pas par manque de motivation mais le plus souvent par manque de temps, alors là, ça se corse !

Car d’un jour à l’autre, la matière des idées fluctue. Turlututu chapeau pointu. Elle fluctue, vous dis-je, et ce qui semblait devoir conclure sans coup férir mais pourtant avec panache le chapitre 2, se voit balayé sans un regret et relégué à l’état de vague note mentale, comme une espèce de peau de serpent, qui pendouillerait, vide, le long du mur crépit d’une maison de campagne. Une mue. Turlumumu, chapeau cornu.

Des conseils à l’appel, des conseils à la pelle !

Tout cela pour vous dire que depuis que je vous ai promis de m’atteler à la structure du roman et de fixer les règles -voir article précédent, il s’est produit déjà, bien avant le début de l’écriture, une palanquée de péripéties pas piquée des hannetons.

Samedi : Je tape “structure d’un roman” dans Mozilla, et me voila nantie d’un sacré viatique. L’une recense 8 étapes dans la structure narrative d’un bon roman. Un autre en compte… 19! Si si. Et ce n’est pas fini. Un troisième s’apprête à en détailler 31. Mais je lui coupe la chique.

Ca suffit comme ça !

La structure d’une histoire classique, on la connaît : Un héros -a minima-, se met en quête avec un objectif précis, fait face à des embûches, trouve un soutien imprévu, est parfois trahi, consent des sacrifices, réalise des exploits… pour aller vers une résolution… Et tout ça dans le meilleur style possible. Basta !

De jour en jour, de port en port

Dimanche, j’ai confirmé le genre : Ce sera un polar.

Lundi, j’ai tranché : Le personnage principal sera… deux frères.

Mardi, j’ai conclu : Le nœud de l’intrigue sera l’incendie du funérarium.

Mercredi, j’ai longuement réfléchi : Tous mes personnages secondaires doivent s’exprimer à un moment où l’autre à la première personne du singulier pour raconter leur version de l’histoire, mais comment faire pour éviter une longue litanie de témoignages ?

Jeudi, finalement, je me rend compte que j’aurais bien besoin d’une seconde entrée dans cette histoire, et me voici avec un nouveau personnage, une jeune fille.

Vendredi, la jeune fille est très en colère.

Samedi, elle a un chien qui la suit partout.

Et je n’ai toujours rien écrit.

Les cartes mentales au secours de l’écrivain

En revanche, j’ai sous le coude un outil absolutly terrific qui va, je le sais, beaucoup m’aider à clarifier tout ça. La carte mentale, vous connaissez ? Mind map, en anglais.

J’ai découvert cette technique il y a très peu de temps, au détour d’une conversation.

Depuis, je fais des cartes mentales… mentalement. Si si ! La carte mentale poussée à son paroxysme, mise en abyme ! La carte mentale que je ne dessine pas, mais que je mets en place… dans ma tête.

Pour une fois, je vais faire de vraies cartes mentales, sur le papier. Pour le roman, et un peu pour vous aussi, je dois dire. Même si vous n’êtes encore qu’une poignée de lecteurs, vous êtes les premiers et donc les plus chers à mon cœur. Vous écrire et vous promettre la suite est la meilleure méthode que j’ai trouvée à ce jour pour avancer régulièrement dans mon projet. Vous êtes mon garde fou à défaut de mon garde chiourme. Grâce à vous, je subis -un peu- de cette pression si bénéfique à la création.

Carte mentale, kesako ?

Pour vous qui connaissez sûrement les cartes mentales depuis longtemps, la technique n’est pas nouvelle.

Elle permet de représenter graphiquement les connexions qui se font à l’intérieur de votre cerveau. Et du mien, of course !

Pour Toni Buzan, le créateur de cette technique, c’est carrément l’outil des génies. Alors pourquoi s’en priver ?

Voyez ici ce que Toni lui-même en dit.

Entre autres bénéfices, les cartes mentales fonctionnent dans tous les domaines, permettent d’activer cerveau droit et cerveau gauche, de laisser libre cours à la créativité et de mémoriser facilement.

Ici un peu plus d’explication dans une vidéo courte

J’y retourne. Je reviens dès que j’ai du nouveau, vous faire saliver à l’idée de voir très bientôt un polar pur jus en train de s’écrire sous vos yeux (ébahis?).

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3 Replies to “LA CARTE MENTALE ET LE TERRITOIRE”

  1. Super ton article ! J’aime bien la façon dont tu décortiques le processus d’écriture. Moi aussi, je suis écrivaine et je me reconnais bien dans ce que tu dis.
    Merci aussi pour l’idée des cartes mentales, que je connais bien et n’aurais pas nécessairement utilisées pour écrire de la fiction !

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