4 clés pour captiver votre lecteur dès les premières pages

Un lecteur absorbé… dès les premières pages

LA PARTIE LA PLUS IMPORTANTE DE VOTRE ROMAN : les premières pages

Ce sont les premières pages de votre roman qui vont donner au lecteur l’envie de rentrer dans l’histoire que vous lui proposez. La première phrase est primordiale. Ce fameux incipit que les écrivains travaillent et retravaillent jusqu’à obtenir l’effet recherché.

Notez qu’à moins de faire partie des auteurs auto-édités, l’incipit est avant toute autre chose ce qui retiendra l’attention du lecteur de la maison d’édition (M.E.) ou pas, et décidera donc de l’avenir du livre. Que de responsabilités pour ces quelques mots !

Première phrase, premier paragraphe, premier chapitre. A la fin du premier chapitre, le lecteur doit être entré dans votre univers et s’y trouver suffisamment bien pour avoir envie d’aller jusqu’au bout de vos quelques centaines de pages. A charge pour vous de maintenir son attention tout du long. Ici, nous ne parlerons  que du début.

Il existe 4 moyens infaillibles, ou 4 clés, pour obtenir le résultat souhaité.

  • 🗝️ Faire appel à l’émotion
  • 🗝️ Écrire avec les 5 sens
  • 🗝️ Susciter l’empathie
  • 🗝️ Titiller la curiosité

LES 4 CLÉS EN DÉTAIL

🗝️N°1 : Faire appel à l’émotion dès les premières pages

Pour toucher votre lecteur dès l’entrée en matière, il y a une façon simple d’opérer :  faire appel à ses émotions. E-motion… autrement dit, mise en mouvement.

Les 6 émotions “de base” reconnues par la psychologie sont :

  • 😃 La joie 😃
  • 😥 La tristesse 😥
  • 😨 La peur 😨
  • 😲 La surprise 😲
  • 👿 La colère 👿
  • 🤮 Le dégoût  🤮

Votre lecteur a éprouvé chacune de ces émotions à un moment ou un autre de sa vie. Évoquer l’une d’entre elle avec adresse, par exemple en décrivant les émotions ressenties par un personnage, est une bonne façon de susciter l’identification.

Chaque émotion se manifeste par des signes physiques (rougeurs, tremblements, tics, modifications des traits du visage, postures…) qui n’appartient qu’à elle. Décrire les effets physiques de l’émotion sur le personnage est particulièrement efficace, beaucoup plus que de dire “untel ressentait telle émotion”.

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Les Emotions – Photo Tengyart sur Unsplash

🗝️ N°2 : Écrire avec les 5 sens dès les premières pages

Pour plonger votre lecteur dans votre univers d’un seul coup d’un seul,  pensez aux odeurs 👃, aux sons 👂, aux sensations tactiles 🤚, au goût 👅, aussi bien qu’à la vue 👅. Les parfums, bons ou mauvais, les goûts et les bruits suscitent des émotions profondes. Jouez-en.

Rien de tel pour activer les neurones miroirs du lecteur, qui dès lors, sentira, entendra, goûtera… bref vivra les mêmes sensations que votre personnage, et peut-être même éternuera en même temps que lui sous l’effet du courant d’air .

Le recours aux cinq sens fonctionne merveilleusement pour appeler un flashback. La mémoire olfactive est la plus persistante.

🥞 C’est l’histoire de la madeleine de Proust, qui, dans la première version du texte, était une biscotte, soit dit en passant. L’éditeur ayant trouvé le pouvoir évocateur de la biscotte pas très glamour, Proust à changé pour une madeleine, avec le succès que l’on connaît. 🥞

🗝️ N°3 : Susciter l’empathie dès les premières pages

Placer dès le début votre personnage dans une situation difficile 🚒, dans laquelle votre lecteur s’est forcément trouvé un jour ou l’autre, il y a de fortes chances qu’il s’identifie, au moins en partie, au personnage.

L’identification empathique, c’est-à-dire la projection de votre lecteur dans le personnage se fera d’autant mieux si votre entrée en matière est écrite à la première personne du singulier. Le lecteur adoptera le Je et le fera sien.

🗝️ N°4 : Jouer sur la curiosité du lecteur

Dès les premières pages, informez votre lecteur que vous n’êtes pas là où il croit vous trouver. Votre roman a quelque chose en plus ou du moins quelque chose de différent, par rapport à tous les romans qu’il a lu auparavant.

Bien que votre roman commence de manière à permettre l’identification, votre voix est originale. Votre musique n’appartient qu’à vous. 🎶 Vous lire va lui apporter de la valeur ajoutée, le tenir en éveil, alimenter sa réflexion, lui faire voir le monde sous un jour nouveau…

La surprise peut venir de la forme, du point de vue, d’un événement… Libre à vous de donner libre cours à votre créativité. Mais éviter d’y recourir comme à “un truc”. Votre voix doit être honnête et exprimer votre personnalité, toute la difficulté de l’écriture consiste à faire croire que le texte coule tout seul.

CES 4 CLÉS QU’UTILISENT TOUS LES ECRIVAINS, OU PRESQUE

Faites le test. Tendez le bras vers votre bibliothèque et ouvrez n’importe quel roman à sa première page. Lisez.

Lequel de ces ressorts est-il utilisé ?

Personnellement, j’ai choisi, pour Histoires Vraies, de faire appel à la mémoire de mon lecteur, puis de piquer, si possible, sa curiosité. Pour cela j’ai rédigé un préambule, qui présente aussi d’autres avantages.

QU’EST-CE QU’UN PRÉAMBULE ?

Un préambule est une entrée en matière destinée à expliciter un point précis ou à diriger le lecteur, à préparer son état d’esprit pour la suite.

C’est un texte d’encadrement qui peut se présenter sous la forme d’une mise en abyme du récit. Par exemple une introduction présentant le narrateur en train d’écrire ce qui va devenir le roman qu’on est en train de lire.

Le préambule fait partie de votre dispositif narratif, il appartient de plein droit à votre fiction et vous permet d’entrer dans le vif du sujet en donnant d’ores et déjà à votre lecteur un certain nombre de clés.

C’est un éclaircissement préliminaire plus ou moins utile, qui donne un avant-goût de l’ouvrage, en marque le caractère et la portée, ou résume les événements accomplis antérieurement au récit.”

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Susciter la curiosité, une des clés pour donner envie de lire plus loin

Pourquoi écrire un préambule ?

Histoires Vraies débute par un chapitre ‘préambule’ qui n’appartient pas à l’histoire proprement dite mais pose le cadre à la narration, ce qui est le premier avantage.

Ce préambule [que vous pouvez lire ci-après, je vous rassure] me permet :

  • de capter l’attention du lecteur et de susciter son empathie en évoquant des souvenirs familiaux susceptibles de le replonger dans sa propre enfance,

Le lecteur à lui aussi une mère… Que ressent-il au moment de l’évoquer. Quels sont ses souvenirs ? A-t-il fait ses devoirs sous le regard de sa maman ? Il y a de fortes chances que ce soit le cas.

  • d’introduire la narration en opérant la première bascule : passer d’une narration sur le mode du souvenir d’enfance, plutôt réaliste, permettant l’identification, à un récit fantaisiste relevant de l’univers des contes.

C’est l’équivalent du moment où le personnage pousse une porte et se retrouve projeté dans un autre monde, par exemple au cinéma. Alice est entrée dans le terrier du lapin. (Je ne choisis pas cette image au hasard, Alice a son rôle à jouer dans mon histoire).

  • de présenter la narratrice et d’expliciter ses liens avec l’histoire qui va être racontée.

Le lecteur est pris par la main, il sait dorénavant qui parle, c’est Gordalune, qui fait son métier de conteuse. Il n’est donc plus gêné par la narration omnisciente et accepte les conventions narratives de l’univers des contes. Dès lors, tout peut arriver.

  • Afin de piquer sa curiosité, j’ai choisi d’utiliser une des 6 émotions listées plus haut, la surprise 😮. La surprise opère au moyen des noms propres. D’abord les noms d’écrivains, qui sont tous “presque des noms d’écrivains connus”.

“Tous les Gradbury, tous les Texbrayat, tous les Stan Antonio, tous les Londone, tous les Gilles Vernes, Zoula, Hougo, Baupassant, Razimov,… Et tant d’autres ! Tous les Flip Kadick.”

  • C’est un pas de côté. Un décalage par rapport à la réalité connue du lecteur. Plutôt sur le mode humoristique, ce décalage donne le ton du récit qui va suivre.

Ensuite les noms des protagonistes [Eglandune, Gordalune de Bois d’Orage], évoqués à la charnière du chapitre, renforcent encore le décalage et ancre le texte dans l’univers du conte.

Une introduction traditionnelle

En fin de chapitre, Gordalune fait une annonce, ayant  ” résolu de vous dire mot pour mot l’histoire toute nue, toute crue. Vous pouvez prendre des notes. Nulle part ailleurs vous n’entendrez cette version, qui est pourtant la seule véridique.

C’est une introduction traditionnelle. Le conteur, avant de commencer, assure son auditoire de la véracité de ses dires, même et surtout si tout le monde sait qu’il n’en est rien.

Pour lire le préambule d’Histoires Vraies, que vous avez écouté dans le podcast, c’est ici.

J’ai ancré mon récit dans l’univers du conte à l’issue d’une introduction réaliste, présenté la narratrice et le contexte de sa narration, et essayé de donner envie au lecteur d’en savoir plus au sujet des péripéties de la longue vie aventureuse d’Eglandune.

Du moins j’espère y être parvenue.

RAPPEL ET RÉSUMÉ

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CONCLUSION

La semaine prochaine, comme suite logique, nous entrerons dans le vif du sujet en situant l’histoire dans le temps et l’espace et nous parlerons de quelques clés pour introduire des personnages sympathiques.

➡️Chapitre suivant

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8 réponses à “4 clés pour captiver votre lecteur dès les premières pages”

  1. pierrefavrebocquet dit :

    Merci Sylvie pour ce condensé d’efficacité. Les quatre points que tu expose sont vraiment clair et facilement utilisable.
    Une petite question tout de même : faire ressentir des émotions est un excellent stratagème, tout le monde va vouloir vivre la joie du personnage, vouloir en savoir plus sur ce qui est surprenant, accompagner le protagoniste dans sa quête de justice ou de vengeance, peut être même être avec lui dans sa tristesse et chercher ce qui lui rendra la sérénité. Mais quel peut être la recette pour faire accrocher le lecteur avec le dégoût ?

    1. C’est exactement la même chose. Faire ressentir au lecteur les sensations permet de le dégoûter au même titre que ton personnage, ou que ton narrateur. Mais peut-être est-ce ton personnage, ou ton narrateur, qui est dégoûtant. Il dit ou il fait des choses qui donnent envie de vomir… C’est possible. Mais dans ce cas, le lecteur se sentira supérieur, ce qui permettra la mise à distance. Si tu as peur qu’il referme ton livre parce que c’est insupportable pour lui, sache que tout l’art est dans le dosage. Ce que tu racontes doit par ailleurs être suffisamment intéressant ou intrigant, que ce soit sur le fond ou sur la forme, pour qu’il ait envie de poursuivre quand même. Tout le monde aime avoir accès au côté obscur, surtout bien confortablement assis dans son salon. Prenons un exemple extrême, les films d’horreur qui font un carton depuis des décennies… On pourrait croire pourtant qu’il n’est pas très agréable de se faire peur. Pour ma part, je ne suis pas trop cliente de films d’horreur, car mon imagination est assez fertile comme cela. Tu peux tomber sur un lecteur comme moi, qui entamera ton livre et le refermera aussi sec car ce sera “trop” pour lui. Trop d’angoisse, trop de peur, ou trop de dégoût. Ce n’est pas grave. Cette personne ne fait pas partie de tes lecteurs. Et alors ? L’erreur serait de croire qu’on écrit pour tout le monde.

  2. L’accroche… Tellement important dans l’écrit ! Adaptable au monde du blog … Top Merci pour ces conseils 🙂

    1. Mais de rien. Dis-moi si tu as besoin d’autre chose…

  3. Et oui, les premières pages sont cruciales. Il m’arrive régulièrement de lire 2x le premier chapitre d’un livre pour justement analyser la structure. J’ai attaqué un livre hier justement (“La nuit de maritzburg” de Gilbert Sinoué) et les premières pages sont bien fichues : personnages en action, première altercation et émotions bouillonnantes + chute de chapitre surprenante et drôle.

    1. Je ne connais pas ce livre, ni cet auteur, mais ça a l’air bien, comme tu en parles… A trouver lorsque le confinement sera terminé.

  4. Super article ! on sent qu’il y a du boulot derrière ! et j’aime bien la qualité du son de ton podcast.
    Géniale l’anecdote de la biscotte 🙂 je ne le savais pas.
    J’imagine que ces conseils peuvent aussi être valables pour la rédaction d’un article de blog SylVie ?
    Merci de partager toutes ces pépites avec nous !

    1. Oui bien sûr Martin. Le storytelling cher aux marketeurs n’est pas tombé d’un arbre… Sans les écrivains de fiction, ça n’existerait pas.

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