Mes trois habitudes zen pour écrire de la fiction

La zénitude fantasmée de l’écrivain

 

Un article un peu spécial aujourd’hui.

Pour me lancer dans cette aventure de blogging, moi qui n’ai aucune accointance particulière avec la technologie, en dehors de ce qui m’est utile sur le moment, je me suis inscrite à une formation. Blogueur Pro, d’Olivier Roland.

Il y a quelques jours, Olivier a envoyé une proposition, au départ de son blog Habitudes Zen qui est une traduction en français du blog à succès de Léo Babauta, référence absolue dans le domaine du développement personnel et de la zénitude aux Etats-Unis.

“Participer à un événement qui donnera lieu à la publication d’un ebook, sur le thème “3 habitudes indispensables pour être zen au quotidien”.

A priori, ce thème n’a pas grand-chose à voir avec l’écriture de fiction. Je n’y ai pas donné suite. Mais je n’ai pas pu m’empêcher d’y repenser. Ce qu’il y a de bien avec ce genre de question finalement assez générale, c’est qu’elle permet de se pencher un peu sur soi-même, de pratiquer une micro-analyse en cours de route, juste relever un peu la tête du guidon avant d’attaquer la prochaine cote – descente – boucle, rayer la mention inutile.

Rendue au quatrième chapitre de mon roman Toute la Lumière, ce qui est quand même un rythme assez soutenu, j’ai donc pratiqué l’introspection nécessaire à tout processus créatif avec en point de mire cet objectif “Qu’est-ce que je fais pour rester zen au quotidien, malgré la pression due à l’impératif de tenir publiquement un délai“.

Tant qu’à faire, autant écrire un article sur le sujet et le publier, Olivier a une audience considérable sur son blog Habitudes Zen, on ne sait jamais, quelqu’un m’y lira peut-être. J’ai, pour le moment, une dizaine de lectrices et un ou deux lecteurs, je ne fais pas la fine bouche.

Sans compter que  Habitudes Zen est une ressource de choix, je n’ai pas fini d’en faire le tour, loin de là. Le dernier article sur lequel j’ai réfléchi est celui-ci.

Entrons dans le vif du sujet.

Quels sont les procédés que j’ai mis en place pour tenir la distance, les habitudes zen que je pratique au quotidien ? 

Habitude zen n°1 : Laisser reposer le texte

Indispensable. Un chapitre par semaine en partant de zéro – ou presque, j’avais deux chapitres écrits lorsque j’ai lancé le défi – c’est quand même un peu gonflé. Cela veut dire publier quasiment le premier jet. Or, j’ai le respect de moi-même et de la lectrice – rappelons que 70% des lecteurs sont des lectrices – , je me méfie des premiers jets.

L’histoire continue d’évoluer dans l’imagination de l’écrivain, même une fois écrite, tant que le mot FIN n’est pas posé une fois pour toutes et surtout, tant que le livre n’est pas publié. Cela nécessite souvent pas mal de transformations, de réécritures.

S’apercevoir, chapitre 5, qu’il aurait fallu, bien plus tôt, introduire un personnage secondaire qui est en train de prendre de l’importance. Comprendre à la relecture qu’une partie est un peu faible, la supprimer. Remodeler une image, une tournure, changer un verbe, préciser un caractère. Ou bien il manque un indice au chapitre 3 pour faire le lien avec l’énigme qui est en train de se développer. 

En permanence, l’écrivain procède à des allers-retours dans son texte, chaque jour sur le métier il remet son ouvrage, il taille, sculpte, lime, ponce, jusqu’au polissage des polissages, au coton-tige, il le faut.

Pour éviter de livrer – en pâture – à la lectrice – 70%… – un machin mal tortillé, il est nécessaire d’écrire, de laisser reposer, de revenir dessus, de modifier… Pour le chapitre 4 que je dois publier demain – déjà ? – j’ai écrit 8 pages presque d”un seul jet, mardi. Nous sommes dimanche et je sais que je dois tout ré-écrire, sous un autre angle, bien meilleur, ce que je ferai demain avant de publier demain soir. Six jours de maturation, c’est très très peu.

J’en suis à me dire que si, jamais, je ne parviens pas à aimer ce que je produis demain, il se peut que je livre une nouvelle – déjà écrite – et que je m’accorde encore quelques jours de réflexion et de polissage.

Ce faisant, je serai entièrement en accord avec Léo Babauta et Olivier, un objectif n’étant pas un point fixe mais un cap à suivre, à moi de savoir choisir la bonne route pour naviguer entre les écueils.

Habitude zen n°2 : Quelques dizaines de minutes pour lire [autre chose] chaque jour

Salvateur. Sortir de la boucle des ruminations créatives, laisser s’échapper l’attention ailleurs, se nourrir en se frottant aux meilleurs, permettre à mes neurones surchauffés de se ressourcer pour mieux redémarrer.

Choisir un bon, très bon bouquin. Ne surtout pas s’obstiner sur un texte pas convaincant. Même un grand auteur, reconnu, adoubé par ses pairs et par le grand public, peut être ennuyeux. Parfois, ce n’est juste pas le bon moment pour aborder une œuvre. Ne surtout pas y mettre d’enjeu.

Il y a beaucoup de lectrices qui n’écriront jamais, mais il n’existe pas d’écrivains qui ne soient pas aussi des lecteurs. Certains écrivains ne lisent pas les autres en cours d’écriture de leurs propres ouvrages. Ce n’est pas mon cas. J’ai besoin de ce moment de totale évasion, d’oubli de moi-même, que me procure la lecture.

Habitude zen n°3 : Ecrire ce qui m’obsède pour faire de la place à autre chose.

De temps en temps, l’esprit s’emballe. Les solutions arrivent et tes personnages agissent, les situations s’enchaînent, plus vite que je ne peux les écrire de façon convaincante. C’est comme ça. On n’y peut rien. L’écriture n’est pas un processus linéaire. 

Ou alors, simplement, se débarrasser de tout ça, en l’écrivant rapidement sous forme de notes, que je pourrais retrouver quand je serais rendue à ce point de l’histoire – ou pas.  Libérer mon esprit. Étant donné que, de toute façon, tout ça va être modifié un certain nombre de fois avant de trouver sa forme définitive, pas la peine de m’en faire. Rester zen.

Et bien d’autres méthodes de travail

Voilà. Ça fait partie de mes méthodes de travail. Il y aurait encore beaucoup à dire, mais ce ne sera pas pour aujourd’hui. On est dimanche matin. Je vais boire mon thé dans le jardin, jouer à la balle avec mon chien, envoyer balader mes godasses.

Je vous souhaite sincèrement de passer une chouette journée.

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2 réponses à “Mes trois habitudes zen pour écrire de la fiction”

  1. Hey Sylvie, je suis bien d’accord avec toi pour ce qui est de laisser reposer le texte et de pas trop s’empresser de le donner a lire… Pour ce qui est des lectures, moi je ne le fais plus pendant les phases d’écriture (argh, quand le livre est bon, j’ai tendance a emprunter le style malgré moi / partir dans tous les sens dans mon histoire et m’y perdre (fausses bonnes idées) / comparer et avoir envie d’abandonner (argh c’est nul ce que je fais)… Bref, je touche pas aux deux en même temps . Pour ce qui est de la zenitude, je mérite un zéro pointé. Tu me donneras des cours ? Bisous

    1. Salut Lalou, ça m’arrivera peut-être aussi plus tard, mais pour l’instant, j’ai vraiment besoin de ces instants de déconnexion. J’ai hâte de lire ton dernier bouquin. Tu es au salon ?

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