Blocage de l’écrivain : comment le surmonter

Que l’on soit écrivain en herbe ou confirmé, il peut arriver de tomber en panne. Le blocage de l’écrivain, ça n’arrive pas qu’aux autres. Le  manque d’inspiration peut aussi survenir dans un moment inopportun, alors que vos talents de storyteller sont sollicités par un client. 

La panne d’inspiration n’est pas très grave et peut facilement être surmontée.

En revanche, le blocage de l’écrivain peut anéantir une plume durant plusieurs années. A ce sujet, j’ai rédigé un dossier spécial que je vous offre gratuitement en téléchargement : La panne d’écriture, 7 recettes éprouvées et 7 exercices pour la surmonter. Il suffit de remplir le bandeau bleu en haut de page ⬆️, ou le formulaire en fin d’article. 

la panne d'écriture

✳️ Aujourd’hui je vais montrer comment remédier à un manque d’inspiration, comment tirer le meilleur parti d’une anecdote  pour écrire les meilleures histoires possibles.

Réunir des éléments disparates et les assembler de différentes manières jusqu’à obtenir un récit qui tient debout et satisfait votre fantaisie relève d’un processus d’échange entre conscient et inconscient.

Prenons un exemple. Ce sera plus clair.

J’ai lancé, en janvier, un carnaval d’articles sur le thème “Ta meilleure histoire”. Ce sera notre étude de cas.

♾️ Contre le manque d’inspiration… un carnaval d’articles

Pour mémoire, un carnaval d’articles est un événement participatif inter-blogueurs durant lequel chacun écrit sur un thème donné, dans un format donné, en un temps donné, et publie sur son blog en indiquant la source du carnaval. Laquelle source, moi, en l’occurrence, publie in fine un article récapitulatif mentionnant chacun des blogs participants.

Plus qu’un échange de bons procédés, le carnaval est un moyen d’élargir sa thématique ainsi que de nouer des relations avec d’autres blogueurs, ce qui n’est pas sans intérêt dans une pratique où l’on passe le plus clair de son temps seul, assis devant un écran.

Comme je suis (un peu) obsédée par les histoires, j’ai lancé mon carnaval “Ta meilleure histoire”… en racontant une histoire.

♾️ Des meilleures histoires venues de tous les horizons

J’avais proposé un thème très large à dessein, me disant que de cette façon j’aurai sûrement quelques réponses. En effet, j’ai reçu six articles de blogueurs et blogueuses œuvrant dans des domaines divers et variés, ce qui apporte de l’eau à mon moulin.

Six articles contenant des histoires à utiliser pour faire travailler mon imagination. La panne d’écriture n’a qu’à bien se tenir.

Jugez plutôt.

✳️ La meilleure histoire de pêche

Tom court, jeune pêcheur à la ligne passionné, anime le Blog Apprendre la pêche en ligne.

Il nous raconte comment, lors d’une sortie pêche avec son paternel, il a pris le plus gros brochet qu’il ait jamais vu, et comment cette rencontre a influé sur sa vie actuelle.

Tom fait preuve d’un certain talent narratif. Il commence par planter le décor, décrire la mauvaise pêche de la veille, le repas sommaire et la nuit dans la voiture. Puis enfin la rencontre, et ses conséquences. Je vous laisse découvrir son histoire en suivant ce lien.

Les éléments de l’histoire de Tom :

  • ➡️ 1 pêcheur et son père
  • ➡️ 1 brochet
  • ➡️ 1 lac isolé dans la nature
  • ➡️ la patience

Élément remarquable : c’est une histoire vraie.

✳️ Un hommage à une source d’inspiration

Pascal Behem, auteur de fantasy, anime le Blog Chez Sister Love – Norman T. Ray

Son article ne raconte pas d’histoire mais j’ai accepté sa participation car il nous parle de l’effet durable d’un roman lu alors qu’il avait 17 ans.

Il rend hommage à Edgar Rice Burroughs, le créateur de Tarzan, dont le roman “La Princesse de Mars” a marqué ses débuts d’écrivain.

Il mêle en un joyeux fouillis des anecdotes tirées la vie de E.Rice Burroughs et le synopsis de “La Princesse…”

Découvrez l’article de Pascal en suivant ce lien.

Les éléments de l’article de Pascal :

  • ➡️ 1 jeune auteur épris de liberté : Burroughs
  • ➡️ 1 héros mythologique, le capitaine John Carter, seul, nu, dans :
  • ➡️ 1 monde inconnu et hostile (Mars)
  • ➡️ 1 jeune homme influençable (Pascal lui-même)

Élément remarquable : la Science-Fiction déboule dans le paysage

✳️ La meilleure histoire de Françoise est un conte philosophique

Françoise Leygnac anime le Blog La poule Philosophe

Dans les pas de Monsieur de La Fontaine, Françoise donne la parole à une poussine pour revisiter à la sauce cocotte une histoire on ne peut plus classique. La poule, devenue vieille, tombe dans un puits et appelle au secours. Le fermier accourt mais décide finalement de reboucher le puits afin de la faire taire et de ne plus subir ce genre d’avanie. Mais Supercocotte sort du puits car chaque pelletée de terre, loin de l’ensevelir, lui permet de s’élever.

Prenez garde aux poules, elles savent parfaitement transformer l’adversité à leur avantage. L’histoire de Supercocotte est ici.

Les éléments de l’histoire de Françoise

  • ➡️ 1 poussin qui grandit et devient une poule adulte
  • ➡️ 1 puits
  • ➡️ 1 paysan
  • ➡️ 1 leçon d’ingéniosité

Élément remarquable : le personnage principal est un volatile

✳️ Une meilleure histoire merveilleuse

Thibault Gavoty anime le blog Vaincre la page blanche

Thibault nous propose sa meilleure histoire pour nous amuser et nous amener à réfléchir. Son choix est proche de celui de Françoise, j’aurais très bien pu classer son histoire dans les contes philosophiques. J’ai préféré l’appeler histoire merveilleuse. A quoi reconnaît-on une histoire merveilleuse ? C’est simple. Les anges y tiennent boutique. Ici c’est “La Boutique de la vie réussie”.

Thibault est convaincu qu’une histoire se doit de posséder une morale (ce que je lui conteste mais je n’écris pas de contes philosophiques), ici la morale est on ne peut plus simple “On récolte ce qu’on a semé.”

Pour lire “La Boutique de la vie réussie“, vous rendre ici.

Les éléments de l’histoire de Thibault :

  • ➡️ 1 ange
  • ➡️ 1 promeneur anonyme
  • ➡️ 1 boutique
  • ➡️ 1 sac de graines

Élément remarquable : 1 ange épicier

✳️ Une meilleure histoire de famille

Coralie Duez anime le blog Créer, recycler, coudre

Coralie joue magnifiquement le jeu de “sa meilleure histoire” puisqu’elle nous parle d’elle et nous permet d’entrer dans son intimité familiale.

Coralie  rentre en elle-même et suit le fil des associations d’idées, depuis les boites aux tissus qu’elles contiennent, puis aux ciseaux, puis à son papa, ce qui l’amène à l’histoire du boulanger. Son histoire nous touche. Qui, parmi nous, n’a pas chez lui quelques-uns de ces objets légués par un proche, au pouvoir évocateur instantané  ?  Ces objets tout droit issus du passé qui font office de machines à remonter le temps ?

Les souvenirs de famille de Coralie sont ici.

Les éléments de l’histoire de Coralie :

  • ➡️ 17 boites moches
  • ➡️ 1 bibliothèque
  • ➡️ 1 paire de ciseaux
  • ➡️ 1 boulanger et son fils

Élément remarquable : 1 histoire dans l’histoire.

✳️ Le récit d’une vie au service d’une passion

Camille Contreras anime le Blog “Graine de gâteau”

Camille nous parle de passion, de travail et de maîtrise, évoquant le roi des pâtissiers, Antonin Carême.

Il nous fait part de son admiration pour un pâtissier de légende, un créateur génial, qui est une source d’inspiration permanente pour les pâtissiers encore aujourd’hui, et dont l’histoire l’a marqué.

L’article de Camille se trouve .

Les éléments de l’histoire de Camille :

  • ➡️ 1 pâtissier
  • ➡️ 1 toque
  • ➡️ La cour des grands (familles royales)
  • ➡️ Des architectures complexes

Élément remarquable : l’invention d’une nouvelle tradition.

✳️ Et enfin, ma meilleure histoire

J’ai coutume de l’appeler “l’histoire de la montagne”. Elle accompagne chacun de mes pas en ce monde. Pour la lire, si ce n’est pas déjà fait, suivez ce lien.

Eléments de l’histoire de la montagne :

  • ➡️ 2 hommes riches
  • ➡️ 2 hommes pauvres
  • ➡️ 1 anniversaire
  • ➡️ 1 montagne

Élément remarquable : une fin ouverte à interpréter soi-même.

Me voila donc avec 7 sources d’inspiration disparates, la mienne incluse,  provenant d’univers très différents.

Qu’en faire ?

Et bien les utiliser pour nourrir mon inspiration, parbleu !

surmonter la panne d'écriture

♾️ Ma méthode pour vaincre la panne d’inspiration

L’inspiration suit des chemins multiples et parfois inattendus. Le déclic peut venir d’un livre, d’un visuel, d’une anecdote, d’une confidence, d’un fait divers…

Bien souvent, plusieurs de ces éléments, déposés dans mon oreille ou sous mon regard, y fermentent tranquillement jusque à l’obtention d’un subtil (ou pas) mélange, d’un arôme au parfum unique. Ils se sont, presque à mon insu, tissés entre eux pour donner corps à un récit de fiction.

Pour ma part, je ne sais jamais d’avance si le récit qui me travaille sera une histoire policière,  un conte philosophique ou pour la jeunesse, ou encore une nouvelle de science-fiction. Quels que soient les éléments que j’assemble, je n’ai aucun moyen de le savoir avant de mettre la main à la pâte.

Je laisse donc cet aspect de côté et je dresse des listes, en commençant par les personnages.  Les personnages sont le cœur et l’âme d’une bonne histoire.

La plupart du temps, ce qui intéresse le lecteur, c’est d’explorer, voire de reconnaître sa propre humanité à travers les personnages d‘un roman. Je leur accorde donc toute mon attention.

Ensuite je m’attaque au contexte, il est bien rare que les éléments glanés ne comportent pas eux-mêmes des indications, plus ou moins précises, quant au lieu et à l’époque. Je les compile.

Enfin, en dernier ressort, je définis une intrigue, qui sera mon fil rouge, du moins au début. Il se peut qu’en cours d’écriture une intention de départ se modifie. Mais je n’en suis pas encore là.

Pour l’heure, je cherche ce que j’appelle “un point d’accroche”.

✴️ Trouver un point d’accroche

Un point d’accroche, vous l’aurez compris, c’est un fait saillant, un point commun, un chaînage astucieux entre différents éléments.

Dans le cas de notre carnaval, un leitmotiv se détache. Pas besoin de chercher trop loin. Vous l’aurez remarqué, chaque histoire évoque le lien de parenté et plus particulièrement le couple père/fils ou père/fille.

L’histoire que j’ai publiée pour lancer le carnaval était construite sur ce lien. Il est donc tout naturel que mes lecteurs/blogueurs s’y soient “accrochés”.

Même dans l’article le plus atypique, celui de Pascal, à propos du “père” de Tarzan, il est question de mentorat, de transmission d’un aîné (Burroughs) vers un plus jeune (Pascal).

Je décide donc, pour mon exemple, de conserver le lien filial comme fil rouge de mon histoire.

Il ne me reste plus qu’à dresser deux ou trois listes. Ou presque.

✴️ Répondre à des questions, un bon moyen de vaincre le blocage de l’écrivain.

Les questions que je me pose sont toujours les mêmes, à ce stade. Il s’agit, comme je l’ai dit plus haut, de savoir qui sont les personnages, quel est le contexte, et que va-t-il leur arriver qui les contraigne à changer ? Et qui rende leur histoire intéressante à raconter.

1-Qui sont-ils ?

  • ➡️ 1 promeneur anonyme ?
  • ➡️ 1 paysan ?
  • ➡️ 1 boulanger ?
  • ➡️ 1 pâtissier ?
  • ➡️ 1 pêcheur ?
  • ➡️ 1 capitaine Carter ?

(Pour lire mon article sur comment nommer un personnage, suivez ce lien.)

2-Dans quel contexte évoluent-ils ? Où vivent-ils ?

  • ➡️ Près d’une montagne ?
  • ➡️ Au bord d’un lac ?
  • ➡️ Dans une ferme ?
  • ➡️ Dans la capitale, non loin de la cour du roi ?
  • ➡️ Dans une cité antique (architectures des pièces montées d’Antonin Carême)
  • ➡️ Sur une planète hostile ?

(Pour lire mon article 5 clés pour la description d’un lieu, suivez ce lien.)

3-Quel sera l’élément déclencheur de l’intrigue ?

  • ➡️ 1 ange s’adresse au héros (ou un animal, par exemple une poule ) ?
  • ➡️ 1 découverte (un sac de graines ou une nouvelle planète) ?
  • ➡️ 1 accident (chute dans le puits) ?
  • ➡️ 1 anniversaire (voir l’histoire de la montagne) ?
  • ➡️ 1 invention (la toque du pâtissier) ?
  • ➡️ 1 rencontre (un écrivain célèbre ou un capitaine voyageant dans l’espace) ?
  • ➡️ 1 problème à résoudre sous forme d’un mystère (qu’y-a-t’il dans les boites alignées dans la bibliothèque, dont seul X détient la clé ?)

(Pour lire mon article sur l’élément déclencheur de l’intrigue, cliquez ici.)

Me voilà donc avec des personnages, des lieux, des déclencheurs possibles. Et pas mal de questions. Mais le processus est amorcé, l’imagination est lancée sur la piste d’une bonne histoire.

Et maintenant ?

✴️ Laisser reposer

Ici, j’appuie sur pause et je m’absorbe dans tout autre chose, de préférence dans une activité mécanique (voir aussi les 7 recettes et 7 exercices pour surmonter le blocage de l’écrivain, à télécharger en s’inscrivant).

Un observateur extérieur pourrait croire que j’ai abandonné mon idée. C’est pourtant loin d’être le cas. En arrière-plan, mon inconscient travaille à partir de tous ces éléments, comme un bon petit soldat. Pendant que je m’absorbe dans le dessin, le jardinage ou même le ménage, il trie les informations, fait des liens, amorce des récits.

🔹 MOnsieur Mon Inconscient

Je vous dois un aveu. Bien avant d’avoir décidé d’écrire des histoires, je possédais déjà un inconscient hyperactif. Monsieur Mon Inconscient et moi, c’est une longue histoire. Si longue, que je lui ai même attribué un petit nom. Je l’appelle MOMIe.

Au tout début, notre communication, à MOMIe et à moi, était proche de zéro. A l’exception de quelques rêves dont il me restait de fugitives traces au réveil.

Puis j’ai appris (contrainte et forcée) à décoder mes émotions, avec l’objectif de me connaître mieux. Avec l’aide de la méditation de pleine conscience, je me suis entraînée à accueillir tout ce qui se terrait à l’intérieur, dans le noir. … j’avançais, sur la voie de la conscience, pas à pas.

Jusqu’au jour où je me suis mise à écrire, non plus seulement ce que j’avais besoin d’exprimer, au sens littéral de sortir de moi (ce qui n’est pas exprimé s’imprime), mais aussi des histoires.

Et là, d’un coup, mon univers intime s’est transformé.

🔹 MOMIe et Mnésie, un couple du tonnerre

Ce cher MOMIe, ce camarade fidèle et dévoué, quoique très indiscipliné et toujours prêt à revenir en arrière pour retrouver un mode de fonctionnement connu, obéissant en cela à la loi du moindre effort, se mit alors et contre toute attente à produire à la chaîne des schémas narratifs.

Sa bonne amie Mnésie n’y était pas étrangère. Mnésie, c’est la mémoire. Créer, c’est se souvenir. Et recycler. Or, Mnésie stocke dans les neurones de notre disque interne tout et n’importe quoi, prêt à servir à condition de savoir le récupérer. MOMIe et Mnésie en tandem, c’était l’inspiration assurée.

Il suffisait que je prenne le temps de les lancer sur une intention pour qu’ils déroulent une pelote dont j’ignorais l’existence un instant plus tôt.

Comment lancer MOMIe et Mnésie sur une intention ?

Rien de plus facile !

En m’asseyant en tailleur sur un coussin pendant 20 minutes pour y penser brièvement, puis ne plus y penser du tout.

Aujourd’hui, je médite avec beaucoup moins de régularité, je l’avoue. Mais il faut croire que j”ai connecté de nouveaux synapses, car dès que je rassemble deux ou trois éléments et que je me dis “ça ferait une bonne histoire”, voilà MOMIe et Mnésie qui prennent le relais et commencent à mouliner, en tâche de fond, pour agencer les différentes pièces du puzzle.

Maintenant que ceci est exposé, revenons à notre carnaval et à notre exemple.

J’ai donc, une fois établies les listes de questions, laissé travaillé le couple béni en toile de fond. Voici le résultat.

✴️ L’embarras du choix versus la panne d’inspiration

1️⃣-Prémices d’une première histoire

Un homme et son fils vivent auprès d’un lac, dans une ferme. Un matin, le fils a disparu. Le père part à sa recherche. Le fils qui veut devenir pâtissier est parti pour la capitale, où les festivités d’anniversaire de la Princesse, qui va avoir 20 ans, se préparent. Le père, qui n’a pas toujours été paysan, fait alors usage de la clé qui ne le quitte jamais, et prend, dans une boite fermée à double tour…

2️⃣-Prémices d’une deuxième histoire

Le boulanger/pâtissier de la petite ville de X a l’habitude d’échanger, chaque lundi, ses pains et ses gâteaux invendus contre des poissons pêchés par un de ses amis. Un jour, le pêcheur lui dépose un petit sac en lui demandant de le garder. Quelqu’un viendra le chercher bientôt, de sa part. C’est alors qu’arrive en ville un écrivain célèbre, précédé de sa notoriété. Il vient faire des recherches sur le passé de sa famille dans le but d’écrire son autobiographie.

3️⃣-Prémices d’une troisième histoire

C’est le jour de l’anniversaire de Marsie que le drame s’est produit. Toute la famille était réunie dans le jardin et l’on dansait, buvait, mangeait, racontait des histoires. On ne s’est aperçu de l’absence du petit Z que tard dans l’après-midi ; on le croyait avec les autres enfants. Quand le Capitaine a remonté son petit corps du fond du puits, quelque chose s’est cassé à jamais. Depuis, sa maman est devenue un peu bizarre et elle parle avec les anges.

4️⃣-Prémices d’une quatrième histoire

Un ermite vit dans une haute montagne, avec pour seule compagnie une poule. Un soir, il reçoit une visite, en rêve. Au matin, il prend la poule sous son bras et commence à descendre en direction du lac, où vivent de nombreux poissons et en particulier le plus impressionnant de tous, le Roi des poissons, un brochet centenaire.

5️⃣-Prémices d’une cinquième histoire

Un père, très pauvre, a réussi à force de sacrifice à payer les études de son fils et celui-ci doit passer un examen final dans quelques jours. Il veut devenir pâtissier.  Il ne manque qu’un tablier et une toque, blancs immaculés tous deux, pour produire la meilleure impression devant le jury . Alors le père sacrifie sa dernière poule et se rend à La Boutique de la Vie Réussie pour l’échanger contre du linge neuf. Mais en chemin, la poule s’échappe et tombe dans un puits.

6️⃣-Prémices d’une sixième histoire

Un pêcheur a été assassiné. D’après le médecin légiste, on l’a frappé avec  des ciseaux de couture. Le capitaine Lange arrive sur les lieux pour mener l’enquête. Il se rend immédiatement chez la voisine de la victime, qui tient une mercerie, La Boutique de la Vie Réussie. La mercerie est fermée, un panneau sur la porte “en voyage, de retour en fin de mois”. Mais la porte arrière de la mercerie est entrouverte,. Elle a été forcée. A l’intérieur, le chaos règne. Tout est sens dessus dessous, à l’exception de 17 boites en carton, abritées derrière une solide grille fermée à clé qu’apparemment on n’a pas réussi à ouvrir…

7️⃣-Prémices d’une septième histoire

Un promeneur du dimanche fait de longues randonnées dans la campagne pour photographier les oiseaux. Un jour, alors qu’il est seul au milieu de nulle part et qu’il se prépare à camper en lisière d’un bois, il voit tomber tout droit du ciel un objet qui l’intrigue fortement. Il estime le point d’impact à quelques kilomètres et décide de s’y rendre. Il marche toute la nuit et au lever du jour, il aperçoit l’épave d’un engin volant, comme il n’en a jamais vu. C’est alors qu’une trappe s’ouvre et qu’apparaît, en grand uniforme, un militaire à tête de poulet.

Et voilà comment je ne suis jamais en panne d’inspiration, grâce à MOMIe et Mnésie conjugués. Depuis que je suis en âge de lire, j’ai absorbé des milliers d’histoires. Sans compter toutes celles qui m’ont été transmises par d’autres moyens, à l’école, au cinéma, par mes parents, dans des conversations… 

J’en ai oublié beaucoup. Mais elles, ne m’ont pas oubliée. Elles sont là, dans un repli de mon cerveau. Au chaud. Toutes ensembles, elles forment ma bibliothèque mentale de référence, dans laquelle je vais puiser pour ficeler des intrigues.

✴️ Choisir la meilleure histoire

Je laisse donc ce processus se faire, patiemment. Cela peut prendre quelques heures, ou durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Tout dépend de la complexité du problème. Il est d’ailleurs très rare que je m’arrête aux premières prémices qui me sont fournies.

Celles-ci peuvent survenir n’importe quand, de préférence lorsque je suis en mouvement, à pied ou en voiture. Le temps que je m’organise pour la séance d’écriture surviennent d’autres hypothèses, complémentaires ou absolument différentes.

Mon travail consiste, à partir de là, à savoir reconnaître le moment où je tiens la meilleure combinaison possible. La meilleure histoire possible, et à l’écrire.

♾️ Pour conclure, laisser place au récit en train de s’écrire

La conscience reprend le dessus et je commence la mise en forme. A ce moment là, je laisse couler et je prends connaissance du genre d’histoire que j’ai entrepris : conte, nouvelle, récit à la première personne, histoire pour les enfants… C’est le début de la mise en forme qui me donne la clé, le récit qui dicte sa loi.

Je ne sais pas vraiment si je tiens la meilleure histoire, parmi tous les pitchs que je viens de lister. Le processus n’est peut-être pas achevé.

Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’une fois que j’aurai choisi et terminé l’écriture de l’une ou l’autre des histoires possibles, je passerai à autre chose et toutes les pistes que j’aurai délaissées tomberont aux oubliettes.

Je ne suis pas pressée.

Pratiquez cet exercice à votre tour et voyez comme c’est simple.

Exercice pour susciter l’inspiration :

  • ➡️ Listez trois anecdotes récentes, entendues ou lues
  • ➡️ Extrayez les personnages, les contextes
  • ➡️ Réfléchissez à des déclencheurs
  • ➡️ Listez
  • ➡️ Brassez
  • ➡️ Laissez reposer
  • ➡️ Ecrivez les pitchs d’au moins 3 récits différents, un par anecdote est un bon chiffre.
  • ➡️ Laissez reposer de nouveau
  • ➡️ Choisissez votre meilleure histoire
  • ➡️ Ecrivez-la

Et si vous voulez, envoyez-la moi. Je me ferai un plaisir de la lire et de la commenter.

Avant de partir, n’oubliez pas de vous inscrire et de télécharger “7 recettes et 7 exercices pour surmonter la panne d’écriture”. Le formulaire est ci-dessous. ⬇️

Vous pouvez également choisir ce lire Les voix du Seigneur”, une nouvelle qui traite, sur le mode humoristique et léger, du blocage de l’écrivain.


FAQ (Foire aux questions)

➡️ Le blocage de l’écrivain, qu’est-ce que c’est ?

Comme son nom l’indique, c’est un blocage psychologique qui peut survenir n’importe quand et empêcher un écrivain d’écrire. Que ce soit par peur d’échouer, par manque d’inspiration ou d’expérience, le blocage de l’écrivain peut advenir chez un écrivain chevronné comme chez un débutant. A ce sujet, voir le dossier 7 recettes et 7 exercices pour surmonter le blocage de l’écrivain.
Ce type de blocage peut s’appliquer à tout processus créatif et touche également les artistes visuels et les compositeurs.

➡️ Quelle différence avec le manque d’inspiration ?

Aussi appelé “panne d’inspiration”, le manque d’inspiration est une lacune momentanée, due à la fatigue ou à un trop-plein de questions. Le manque d’inspiration peut être résolu facilement, en nourrissant la créativité sans mettre aucune pression vers un quelconque aboutissement. Lorsque l’inspiration est là mais que le passage à l’acte demeure impossible, on parle de blocage.

➡️ Et le syndrome de la page blanche, est-ce la même chose ?

Aussi désigné par le terme de leucosélophobie, le syndrome de la page blanche est une peur violente avant de commencer une oeuvre ambitieuse ou de la poursuivre. Tout à coup, la difficulté paraît insurmontable. La peur d’échouer peut aller jusqu’à provoquer l’abandon pur et simple du projet, et se traduire par une grave dépression. Le syndrome de la page blanche est une forme grave du blocage de l’écrivain.

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

10 réponses à “Blocage de l’écrivain : comment le surmonter”

  1. Ahhhhhh ! le syndrome de la page blanche… Je n’ose même pas imaginer le stress que ce doit être pour un écrivain. En tant que blogueur amateur, ma technique est de ne pas forcer les choses … cela ne sert à rien. J’ai repéré des plages horaires où j’étais plus productif, des états de fatigues plus propices à l’imagination, ou à la créativité d’ailleurs. Il faut se connaître avant tout ! 🙂 Merci pour ton article en tous cas

    1. Très bonne méthode si rien ne te contraint à écrire. Parfois, un partenaire, un client, un prestataire ou même, un éditeur, attend que tu rendes ta copie pour pouvoir avancer à son tour. Tant qu’on reste hors milieu professionnel tout va bien.

  2. coralieduez dit :

    Wow, quel article riche ! Hum, un polar avec une paire de ciseaux de couturier, ça me parle bien….

    1. Ouf, j’ai eu peur que ça te défrises…

  3. Je trouve qu’en restant attentif à ce qui nous touche au quotidien (que ce soit pour nous émouvoir ou nous bousculer), on a toujours matière à dire et raconter. C’est en tous cas comme ça que j’écris : je pars de ce qui suscite une émotion chez moi.

    1. C’est une très bonne façon de procéder, en effet. J’aimerais bien te lire, un de ces quatre.

  4. wahou un article passionnant. Dommage que nous soyons si loin l’une de l’autre j’aurai adoré te voir animer mes prochains ateliers créatif du salon-thé librairie. Moi qui dit toujours que je n’ai aucune imagination, j’ai matière à développer celle-ci. Merci.

    1. Où es-tu ? Je serai ravie de partager un moment avec toi.

  5. J’adore ! La lecture de tes amorces d’histoire m’a mis le sourire aux lèvres, quelle créativité ! De mon côté, je n’ai jamais essayé d’écrire de fiction… Mais ta recette est tentante…

Ecrivez un commentaire, je me ferai un plaisir d'y répondre.

Recevez votre livre accompagné

des 7 recettes éprouvées et 7 exercices

pour surmonter le blocage de l'écrivain

%d blogueurs aiment cette page :