14 clés pour une bêta-lecture bénévole réussie [7+7🗝️]

Depuis quelques mois, j’ai commencé à suivre les groupes de bêta-lecture bénévoles sur Facebook. J’ai proposé parfois mon aide, sûrement pas assez, faute de temps, et j’ai demandé une bêta-lecture du roman que je viens d’achever pour tester moi-même ce qu’un tel cadre pourrait apporter.

Mon verdict est très mitigé.

Mais j’ai trouvé une solution, ou du moins un début de solution. La formation des bêta-lecteurs bénévoles. Je vous en parle en détails.

14 clés pour une bêta-lecture bénévole réussie
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Qui trouve-t-on dans les groupes de bêta-lecture bénévoles ?

Ces groupes sont composés en grande partie d’écrivains débutants, d’auteurs édités qui veulent sincèrement aider les autres à faire comme eux, de correctrices professionnelles qui proposent leurs services et de lecteurs désireux de donner un coup de main.

Il y a des bêta-lecteurs bénévoles pour tous les genres de romans, à condition de savoir “pitcher” correctement son histoire et de faire preuve du recul nécessaire au sujet de son texte, ce qui n’est pas si facile qu’il y paraît lorsqu’on a la nez dans le guidon.

NB : pitcher en français = “lancer”, autant dire résumer en donnant envie, et c’est un exercice à part entière.

Quel est le problème avec la bêta-lecture bénévole ?

Là où le bât blesse, c’est que beaucoup d’écrivains en herbe, soulagés et fiers à juste titre d’avoir achevé le premier jet de leur roman, jettent leurs textes en pâture à la critique sans prendre aucune précaution, ni même s’assurer que la critique est compétente… pour critiquer.

Comme il y a des auteurs débutants, il y a des bêtas-lecteurs bénévoles débutants. Ceux-ci peuvent, malgré eux, faire des ravages.

Certains écrivains trouvent ce qu’ils cherchent dans ces groupes, sinon il en aurait moins. Encore faut-il avoir de la chance et tomber sur les personnes ad hock et s’assurer de mettre tous les atouts dans sa manche pour ne pas y laisser des plumes.

D’aucuns trouvent aussi dans les retours qui leur sont faits des conseils génériques inapplicables à leur roman et ne savent qu’en faire.

D’autres se persuadent qu’ils sont des artistes incompris ou que les lecteurs sauront apprécier leur prose telle quelle et prennent la décision de s’autopublier sans aucun retravail. Aïe.

Les plus fragiles hélas, y gagnent le sentiment d’être complètement nuls, de très mauvais écrivains qui feraient mieux d’oublier la littérature.

Beaucoup se plaignent de ne lire que des commentaires indigents, du genre « c’est bien » ou « ça m’a plu ».

C’est bien dommage.

clé n°1 lecture critique

Le groupe Facebook de bénévoles, une association informelle

J’ai beaucoup pratiqué la vie associative et je la pratique encore. La formation des bénévoles est essentielle à la bonne marche des activités. Un groupe Facebook de bêta-lecteurs n’est rien d’autre, selon moi, qu’une association informelle en ligne de gens ayant un intérêt commun qui se regroupent autour de celui-ci. En l’occurrence, la littérature.

Ces groupes pourraient être une bonne occasion de se connecter avec d’autres écrivains, de trouver appui et encouragement auprès de ses semblables. Ecrire est un travail solitaire et faire lire son texte est un réel besoin, que peuvent remplir des bénévoles, à condition de savoir comment s’y prendre.

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Il suffit parfois d’un rien pour transformer une critique maladroite en encouragement productif. De la méthode, par exemple.

J’ai donc décidé de partager ma propre fiche de bêta-lecture, qui reprend les questions les plus importantes auxquelles tout auteur est en droit d’attendre un semblant de réponse de la part d’un bêta-lecteur.

Mais d’abord, quelques points à ne pas perdre de vue.

Qu’est-ce qu’un bon bêta-lecteur ?

Une bêta-lecture peut-elle être objective ?

Oui, en partie. Mais en partie seulement. Aussi chevronné que soit votre bêta-lecteur dans l’art de repérer les pistes d’amélioration d’un texte, n’oubliez jamais que l’objectivité 100% est impossible. Nous sommes toujours influencé(e)s par nos croyances, nos goûts, nos habitudes… et tout notre background.

Toutes ces sortes de choses qui intercalent des filtres entre le monde et nous… sans même évoquer nos maigres capacités de perception qui nous permettent seulement de déceler une partie de ce qui nous entoure (qui nous pénètre et dans lequel nous baignons, bienvenue dans la matrice).

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Repérer les bêta-lecteurs pertinents

Repérer un bêta-lecteur bénévole compétent est impossible, a priori. Mais a posteriori, oui. En fonction du retour qu’il vous fera, vous saurez à qui vous avez à faire et vous pourrez décider de continuer avec lui ou pas.

Faire appel à un(e) professionnel(le) n’est pas gratuit, mais il faut voir cela comme un investissement plus que comme une dépense. Toutefois, ce n’est pas toujours possible. C’est là que vous intervenez en tant que bénévole.

Les critères d’un bon bêta-lecteur

Pour devenir un bêta bénévole compétent, vous devrez vous rapprocher au maximum du standard de qualité en usage chez les pros.

Un bêta-lecteur professionnel répond à un certain nombre de critères non négociables :

  • il a déjà lu beaucoup de romans dans des genres différents,
  • il aime découvrir de nouvelles écritures et il a du temps à y consacrer,
  • il est capable de laisser de côté ses a priori et ses goûts personnels,
  • il ne pense pas que tout le monde devrait écrire comme lui,
  • il sait lire entre les lignes et déceler le potentiel d’une histoire,
  • il lit dans un but précis, pour aider l’auteur à améliorer son texte,
  • il est capable de faire des suggestions pertinentes et d’argumenter son commentaire,
  • il sait relever les points forts d’un texte aussi bien que les points faibles,
  • il sait tourner ses critiques sous forme de questions ou de propositions pour ne pas casser l’élan de l’auteur qui attend anxieusement son verdict.
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Les précautions à prendre avant de soumettre son texte

Ceci dit, du côté de l’auteur, quelques précautions sont à prendre, déclinées en quelques clés :

Clé n°1 : 🗝️ Il faut travailler son texte autant qu’on le peut avant de le soumettre à la bêta-lecture.

C’est ce que font les professionnels. C’est une erreur de soumettre trois cents pages de premier jet, car ce premier jet fera boomerang, il vous reviendra dans la figure.

Les premiers jets sont rarement (jamais) excellents.

La demande souvent exprimée par les messages postés dans les groupes de bêta-lecteurs bénévoles est de vérifier que l’histoire tient debout. Pas besoin de tout un premier jet pour atteindre ce résultat. Fendez-vous d’un synopsis scène par scène (que vous avez sûrement déjà établi avant de commencer).

Voire un scénario détaillé en quelques pages qui permettra de faire connaissance avec le sujet, les personnages, la structure, la cohérence, la narration… et tout le toutim. Et cela suffira à départager une charpente solide d’une structure bancale et à soulever des questions essentielles.

Raison de plus si votre bêta-lecteur n’est pas très expérimenté, ne l’assommez pas sous votre prose sans retravail, c’est prendre le bâton pour vous faire battre.

Si vous n’avez jamais réalisé cet exercice, prenez le temps de le faire en fin de premier jet. Reprenez ce que vous avez écrit chapitre par chapitre et résumez-le en deux phrases. La structure de votre roman se dégagera et vous-même serez peut-être à même d’y repérer des manques ou des faiblesses.

Un écrivain travaille étape par étape. L’étape qui suit le premier jet n’est pas la bêta-lecture, à moins que vous ne soyez un vieux briscard de la littérature et que votre bêta soit votre agent littéraire ou votre éditeur, avec qui vous travaillez main dans la main depuis des années.

Non, l’étape qui suit le premier jet, c’est la pause, de préférence pas trop longue, pour se remettre un peu la tête à l’endroit, puis le retravail.

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Clé n°2 : 🗝️ N’envoyez pas des morceaux de roman, sauf à vérifier que votre bêta-lecteur bénévole sera bien intéressé(e) à vous lire.

Les deux ou trois chapitres du début ne suffiront pas à tout faire comprendre, sinon vous n’en auriez pas écrits d’autres. Vous risquez même le contresens total.

Cela m’est arrivé récemment. Une bêta-lectrice bénévole à qui j’avais envoyé dix pages pour vérifier si elle voulait lire la suite m’a conseillé(e) innocemment de fusionner deux personnages car elle n’avait évidement pas compris que le fond de l’histoire repose sur la relation de ces deux personnages. Comment l’aurait-elle su puisqu’elle n’avait même pas pris connaissance de l’exposition toute entière ?

Entre parenthèses, qu’elle se soit autorisée à faire cette suggestion avec si peu d’éléments en main en dit long sur le niveau de certains bêta-lecteurs. Ne vous exposez pas pour rien.

Donc si vous envoyez dix pages, posez juste la question “veux-tu lire la suite ou pas, si oui surtout ne me dis rien sur le début, et sinon ne me dis rien non plus”.

Clé n°3 : 🗝️ S’il y a des points délicats dans votre roman, des aspects dont vous n’êtes pas certains qu’ils fonctionnent comme vous l’aviez prévu, demandez expressément au bêta-lecteur bénévole ce qu’il a compris.

Quitte à entrer dans le détail. Une bonne question pourrait être par exemple Que se passe-t-il selon toi dans le chapitre quatre et qu’est-ce qui en jeu entre X et Y ?

Un bon bêta-lecteur sera par ailleurs capable de vous faire un retour chapitre par chapitre (voir fiche à télécharger ci-joint), ce qui vous assurera aussi qu’il a tout lu. Si quelque chose lui a échappé, vous vous en apercevrez tout de suite.

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Clé N°4 : 🗝️ Ne demandez pas de corrections d’orthographe ni de syntaxe à vos bêta-lecteurs bénévoles.

Vous en aurez toujours plusieurs, à moins que vous ne soyez un vieux briscard de la littérature…

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Les corrections sont le boulot… des correctrices.

Cela vous évitera aussi les surlignages à répétition susceptibles de vous démoraliser à peine aurez-vous ouvert le document en retour. Et puis cela risque de masquer les vrais enjeux de la bêta-lecture.

Clé n°5 : 🗝️Ne vous précipitez pas pour corriger votre texte tout de suite après le retour d’un bêta-lecteur bénévole.

Attendez d’avoir récupéré tous les retours et penchez-vous seulement sur les aspects qui reviennent le plus souvent dans les critiques et ce qui fait sens pour vous.

D’ailleurs, pour éviter de voir votre moral descendre en flèche, attendez même d’avoir tous les retours pour commencer à en prendre connaissance. Ils seront tous différents et vous aurez moins de mal à les relativiser.

Et si ça fait mal, ça durera moins longtemps.

Clé n°6 : 🗝️ Facilitez la vie de votre bêta-lecteur bénévole autant que possible.

Autorisez-le à cesser de lire s’il s’ennuie. C’est dur à entendre, mais ce n’est pas la fin du monde, car vous aurez plusieurs bêta-lecteurs en action en même temps et d’autres sons de cloche.

N’oubliez pas d’indiquer votre nom et votre adresse courriel dans le document lui-même, votre bêta-lecteur ne doit pas avoir à rechercher vos coordonnées.

Ne fournissez pas de fichiers issus de votre traitement de texte, mais plutôt un pdf. Assurez-vous que l’intégralité du texte et du formatage, que vous aurez pris soin de préparer au mieux pour faciliter la lecture, soit respectée.

Numérotez les pages. Cela vous paraît peut-être évident mais j’ai pour ma part plusieurs fois reçu des nouvelles à lire sans aucun formatage, ni cadratin, ni paragraphes, ni numérotation, ni même le nom de l’auteur dans le fichier.

Clé n°7 : 🗝️ Remerciez le bêta-lecteur pour le service qu’il vous a rendu, même si vous avez envie de lui tordre le cou tellement il est passé à côté de votre texte.

Ne perdez pas de vue qu’il critique votre roman, pas vous-même.

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Côté bêta-lecteur aussi, quelques clés importantes

Clé n°1 : 🗝️ Ne critiquez pas à la virgule près, c’est fatigant pour vous comme pour l’auteur.

Ne perdez pas de vue que vous remplissez une fonction avant la correction orthographique ou la réécriture, ne faites pas doublon, sauf demande expresse de l’auteur.

Clé n°2 : 🗝️ Consacrez le temps nécessaire à une prise de notes claire.

Lorsque vous citez le texte, notez le numéro de la page. Je vous communique ma propre fiche de bêta, qui n’est sûrement pas parfaite mais qui me permet de fonctionner assez bien.

La remplir consciencieusement serait un plus, mais personne n’est contraint à ce degré de précision. Remplissez ce que vous pouvez mais tentez de répondre aux questions sincèrement, vous les poser vous fera avancer si vous êtes vous-même écrivain, ce qui est le plus souvent le cas dans les groupes de bénévoles.

Si vous peinez à identifier certains aspects ou problèmes, à répondre à certaines questions, c’est que vous devriez certainement les travailler pour améliorer votre propre écriture.

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Clé n°3 : 🗝️ Évitez les formules à l’emporte-pièce, les jugements tranchés, les conseils à deux euros sans argumentation, essayez de comprendre ce que l’auteur à voulu transmettre et faites-lui un retour sur le fond autant que sur la forme.

N’hésitez pas à écrire “je n’ai pas compris ce passage et je pense que c’est à cause de …” au lieu d’écrire “ce passage est mauvais”. Ce qui intéresse l’auteur, c’est de savoir comment le lecteur perçoit son roman, pas comment il l’écrirait à sa place.

Si vous êtes convaincu d’une réécriture nécessaire, n’écrivez pas “mal dit, à réécrire”, mais “ne penses-tu pas que ceci pourrait être mieux exprimé ?” Prenez des gants pour dire ce que vous pensez, l’auteur découvrira vos commentaires dans la solitude de sa chambrette, il pourrait mal interpréter votre franchise.

Je l’ai expérimenté moi-même car lorsque j’ai commencé à bêta-lire, j’annotais le texte comme si c’était pour moi. Puis je me suis aperçue que la simple mention « réécrire ce passage » que j’aurais notée dans la marge de mon roman pour me souvenir d’y revenir, sonnait comme une condamnation écrite dans la marge d’un autre.

A ma grande honte, j’ai même envoyé un commentaire portant la mention « inutile » là où moi, j’aurais modifié le texte, en toute bonne foi. L’auteur concerné m’a remonté les bretelles et il a eu raison.

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Clé n°4 : 🗝️ Posez-vous la question de savoir à quoi vous fait penser le texte que vous avez sous les yeux.

Avez-vous déjà lu quelque chose de semblable ? De proche ? D’opposé ? Mentionnez-le à l’auteur, cela pourra lui servir.

Clé n°5 : 🗝️ Connaissez vos propres tocs et vos propres défauts d’écrivain afin de ne pas les transmettre aux autres.

En particulier si vous acceptez des bêta-lectures dans votre genre de prédilection, celui dans lequel vous commettez vos ouvrages, faites très attention à ne pas être tenté(e) de « déteindre ». Soyez ouvert(e) et gardez à l’esprit qu’il n’y a pas qu’une façon de faire les choses.

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Clé n°6 : 🗝️ Ne vous forcez pas à lire un texte jusque au bout si vous n’en avez pas envie.

Signalez seulement à l’auteur à quel moment vous décrochez. Cela lui sera d’une grande utilité.

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Clé n°7 : 🗝️ Remerciez l’auteur pour la confiance qu’il vous a accordée et n’en abusez pas.

Voilà. Normalement, vous êtes déjà un peu mieux outillé(e) pour réaliser des bêta-lectures bénévoles qui seront vraiment utiles aux écrivains.

Pour vous y aider, je vous propose de télécharger cette fiche de bêta-lecture, qui reprend les principales questions à se poser et que vous pouvez adapter à votre sauce comme il vous plaira.

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Le contenu de la fiche de bêta-lecture

Cette fiche aborde quelques points essentiels. Tels que :

➡️ L’histoire et le sujet

Sans une bonne histoire à raconter, il n’y a pas de roman. Les sources d’inspiration ne manquent pas, mais il faut se méfier de réécrire à l’identique (au mieux, souvent en moins bien) ce qu’on a déjà lu ailleurs et qu’on a aimé. L’histoire est au service du sujet, mais parfois on ne découvre le sujet véritable que lorsqu’on a terminé d’écrire l’histoire.

➡️ Les personnages

Les personnages sont le moteur de votre histoire. Ce sont les actions et réactions des personnages qui vont la faire avancer vers le point culminant ou l’auteur désire amener le lecteur pour lui faire passer son message. Ils doivent acquérir de la profondeur, être au minimum intéressants, sinon attachants.

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➡️ La structure

Il y a de nombreuses façons de structurer un roman et il est encore possible d’en inventer de nouvelles. Toutefois, pour débuter, la structure en cinq étapes (de différentes longueur) est la moins difficile à mettre en place.

Pour mémoire, les cinq étapes sont la situation initiale ou exposition, l’élément déclencheur ou perturbateur, les péripéties, difficultés, adversité et autres complications qui vont permettre à l’arc narratif des personnages de se déployer, le climax ou le point culminant et enfin, la situation finale ou résolution, le retour à la normale (ou pas).

➡️ Le mode de narration

Le mode de narration influe sur la façon dont le lecteur va pénétrer (ou pas) dans l’histoire. Point de vue omniscient, interne ou externe… Narration au passé ou au présent, alternance des deux… Roman épistolaire, journal intime, conte…, les options sont nombreuses.

Attention à ne pas se laisser porter par ses envies ou par la facilité, mais d’adapter la narration au propos, de la mettre au service de la fiction… et du lecteur.

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➡️ Le style, le rythme

C’est le principal problème des auteurs débutants. Lorsqu’un morceau de musique démarre, ce qui vous envoie sur la piste de danse, c’est le rythme. C’est la façon dont vous pourrez accorder votre propre corps avec le tempo. En écriture, c’est la même chose.

Quant au style, il ne s’apprend pas mais il se travaille. L’important étant de savoir ce que l’on veut transmettre au lecteur, comme toujours.

Tout est possible, tout est envisageable (méfiez-vous des ayatollah du style, ils manquent d’imagination) y compris les redites et les répétitions, à condition qu’elles trouvent une cohérence avec ce qui est raconté. Raymond Queneau proposait de “piétiner la syntaxe”, et ça lui a plutôt bien réussi. Toutefois, au début, écrivez dans un style que vous maîtrisez et réservez vos tentatives de déploiement à des textes courts, le temps de faire vos armes.

➡️ Les dialogues

Les dialogues permettent de faire avancer l’histoire en renseignant sur la psychologie des personnages. Ils ne doivent pas l’alourdir mais au contraire l’aérer et ils doivent sonner juste. J’ai déjà beaucoup publié sur la langue, je vous laisse prendre connaissance de mes précédents articles à ce sujet : la langue et les dialogues ainsi que mon entretien avec Dominic Bellavance.

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➡️ Le cadre spatio-temporel

C’est le milieu dans lequel le roman se déroule, l’époque, la société, les différents décors. Et le fil temporel du récit.

Chaque histoire se déroule quelque part, en un temps donné.

Peu importe qu’il y ait flash-back ou non, que vous entremêliez deux époques de la vie d’un personnage ou que vous écriviez de façon linéaire ce qu’il se produit au jour le jour, le lecteur doit savoir où il en est. Si vous l’égarez un instant, cela doit être pour une raison précise qui aura à voir avec votre sujet.

➡️ Adéquation de la forme et du fond

Un point crucial. La forme sert-elle au mieux ce que l’auteur a voulu exprimer ?

Beaucoup de romans sont écrits honnêtement, sans fautes techniques flagrantes mais peinent à intéresser le lecteur car il n’y lit rien de nouveau sous le soleil.

Une histoire pas trop mauvaise écrite dans un style simple et mettant en jeu des personnages attachants a des chances de le retenir une cinquantaine de pages.

Ensuite vient le ventre mou, la partie où il commence à se dire qu’il aurait peut-être mieux à faire que de continuer à lire car il a déjà compris où l’auteur l’emmène.

Cela n’arrive pas si le fond et la forme sont en adéquation.

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Bonne bêta-lecture à tou(te)s.

Une autre manière de s’améliorer, c’est de participer à un atelier d’écriture.

Rejoignez l’Atelier de Fiction, atelier d’écriture créative en ligne.

C’est un groupe Facebook de passionné(e)s dans lequel est publié chaque jour (ou presque) un nouvel exercice.

A TOUT A L’HEURE DE L’AUTRE CÔTÉ
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2 réponses à “14 clés pour une bêta-lecture bénévole réussie [7+7🗝️]”

  1. Une étape à ne pas négliger c’est certain. Même si après avoir terminé son ouvrage on peut souffler, cette étape de béta-lecture est bien plus importante qu’il n’y parait. J’aime bien vos conseils et vous remercie de les donner car même avec de la bonne volonté il vaut mieux cadrer le travail jusqu’au bout.

  2. J’ai ete beta lectrice une fois et j’aurais bien apprecie avoir ce genre de conseils. Cela m’aurait evite d’y passer un temps fou a essayer de noter les fautes qui me sautaient aux yeux. J’en perdais a chaque fois le fil de l’histoire.

Ecrivez un commentaire, je me ferai un plaisir d'y répondre.

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